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creai
rhône-alpes 4ème séminaire Prospective
& Stratégie mardi 14 septembre
2004 / lyon
bron
réseaux
& territoires
en action sociale et médico-sociale |
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Le séminaire s'est articulé autour de
quatre axes...
-
L'ingénierie des différents types de réseaux
Yann
ROLLIER, Psychosociologue, Directeur du CREAI Bretagne, Rennes (35)
...avec
des apports concrets de promoteurs de réseaux actifs :
- CLIC Portes
des Alpes (réseau personnes âgées), Bourgoin-Jallieu (38)
Yveline DENAT, Coordonnatrice
- Réseau
Autisme, Centre Léo Kanner, CHU de Saint-Etienne (42)
Laurent
DESCOURS, Cadre de santé, Service de psychopathologie de l'enfant et
de l'adolescent |
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[retour] Les
frontières entre le sanitaire et le médico-social travaillées
par les réseaux Marcel
JAEGER (1) Directeur de l'IRTS Montrouge
Neuilly-sur-Marne (92)
L'évolution nécessaire de l'organisation de la protection sociale
implique la transversalité des politiques, des réponses institutionnelles,
des professions, des formations, qu'il s'agisse de santé ou d'action sociale
et médico-sociale. En effet, même dans les cas où l'adéquation
semble parfaite entre la personne accueillie et le dispositif mis en place, la
variété des besoins et des attentes appelle des réponses
croisées et une complémentarité des modes d'intervention.
De ce point de vue, le phénomène le plus intéressant est
le mouvement de fond qui traverse toutes les structures, à savoir la recherche
de partenariats formalisés par des conventions, de mises en réseau
entre des équipes et des institutions sanitaires, sociales et médico-sociales.
Certes, l'évolution des pratiques ne se résume pas à la signature
de conventions. Le décloisonnement suppose que les différents professionnels
de chacune des filières (infirmiers, médecins, psychologues, éducateurs
spécialisés, assistants de service social, enseignants...) se connaissent,
apprennent à travailler ensemble, coordonnent leur action autour de projets
communs. S'il faut un cadre réglementaire pour pérenniser les collaborations
et dépasser les seules empathies entre différents intervenants,
il importe surtout que soit pensée la coordination des actions, que les
niveaux de travail en commun soient parlés et sans cesse interrogés,
que la rencontre soit aussi celle de cultures différentes, donc que des
formations transversales soient mises en place, car chaque catégorie professionnelle
doit être en mesure d'intégrer la logique d'action des autres.
Ainsi, l'article 15 de la loi du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale
et médico-sociale a donné un fondement légal au principe
selon lequel les prestations délivrées par les établissements
et services concernés par la loi « sont réalisées
par des équipes pluridisciplinaires qualifiées ». Cela
suppose que la qualification intègre en retour la capacité à
travailler dans des institutions décloisonnées en leur sein, mais
aussi plus largement dans un champ institutionnel lui-même décloisonné.
Une fois admis que les besoins et les demandes des personnes en difficulté
sont divers, complexes, fluctuants, la recherche de solutions de continuité
entre les dispositifs et le milieu social ordinaire passe par une fluidité
plus grande, avec deux logiques complémentaires : - des liaisons
verticales, en filière, à l'intérieur de chaque dispositif,
pour assurer, par exemple, la continuité des actions entre enfance, adolescence,
âge adulte, troisième âge..., autour de semblables besoins
; - des liaisons horizontales, en réseau, en structurant des
partenariats avec des services aux compétences différentes, par
exemple entre un service de santé et une institution sociale ou médico-sociale.
Ces principes ont été développés dans le champ sanitaire
par les ordonnances du 24 avril 1996. A cette occasion, les articulations entre
les établissements de santé et les institutions médico-sociales
ont été renforcées : la possibilité est ouverte à
ces dernières de participer à des « actions expérimentales »
pour coordonner les soins et la prévention ; d'autre part, les établissements
de santé peuvent désormais créer et gérer des services
ou établissements sociaux et médico-sociaux. La réforme est
d'importance, en particulier parce qu'elle a été l'occasion d'élargir
ce qui avait déjà été impulsé, par exemple,
en matière de création des réseaux gérontologiques
ou pour les patients atteints du VIH. Elle concerne aussi bien les personnes qui
fluctuent entre la psychiatrie publique et les établissements pour personnes
handicapées que celles qui errent entre l'urgence sociale et les hôpitaux.
Cette même logique de réseau est fortement évoquée
dans la loi du 2 janvier 2002 de rénovation de l'action sociale et médico-sociale.
Il
reste, cependant, une difficulté : le chaînage entre ces deux législations.
Comment mettre en réseau les réseaux de soins et les réseaux
sociaux et médico-sociaux, même si, en partant de chacun d'eux, des
conventions peuvent faire avancer des têtes de pont de l'un vers l'autre
? __________
(1) auteur de L'articulation du sanitaire et du social, Dunod, 2000, co-auteur
avec Jean-François Bauduret de Rénover l'action sociale
et médico-sociale : histoires d'une refondation, Dunod, 2002. |
[retour]
«Faire
réseau» : préalables
politiques et pré-requis méthodologiques Jean-François
BERNOUX (2) Sociologue des organisations, Consultant
en stratégie de l'action sociale Rennes
(35) D'un
point de vue théorique, il est assez facile de s'accorder sur la notion
de réseau : -
le réseau rassemble ceux qui partagent un intérêt commun,
- le réseau organise la circulation de l'information, - le réseau
favorise la confrontation et l'évaluation des pratiques, - le réseau
structure la capitalisation des savoirs-faire… On
ne s'étonnera donc pas de l'engouement manifesté pour les réseaux
aujourd'hui : confinés depuis des décennies dans une organisation
de l'action sociale spécialisée et cloisonnée, les acteurs
voient tout l'avantage d'un système qui : -
propose la rencontre sur les mêmes préoccupations, - offre l'accès
à des sources d'information multiples, - ouvre à la mutualisation
des moyens, - suggère un enrichissement mutuel par l'échange,
le partage d'expériences et de réflexions, - induit la reconnaissance
de sa pratique, de son expertise, de son identité, - garantit la valorisation
des initiatives, de l'innovation et de la diversité… Bref,
un système d'inter-action fondé sur la participation, l'échange,
la production collective d'intelligence et la recherche de plus value sociale. Si
l'on ajoute que l'action sociale, selon cette logique instituée de longue
date de découpage des besoins sociaux par champs de compétences
et spécialités d'intervention, s'est finalement plus attachée
à traiter des problèmes sur des territoires plutôt qu'à
développer des territoires qui font problème, il est aisé
de comprendre l'attrait du réseau qui invite à : -
faire territorial tandis que l'action sociale, s'intéressait jusqu'alors
à des publics cibles, - avoir une approche globale et partenariale,
tandis que l'intervention des institutions s'affichait spécialisée
et fragmentaire, - reconnaître la capacité des individus à
être acteurs participants, tandis qu'ils n'étaient qu'objets
des politiques sociales… Autant
de «déplacements» qui témoignent du chemin à
parcourir avant de concrétiser la mise en œuvre d'une logique réseau. Ainsi
plusieurs préalables d'ordre politico-institutionnel sont à poser
: 1.
décider, par un débat sur les finalités de l'action
sociale, d'un changement de posture : non plus seulement une action descendante
fondée sur l'exclusive compétence des politiques et des institutions
à définir les réponses à la demande sociale, mais
une action en prise avec les problématiques locales et reconnaissant la
compétence de tous les acteurs (population comprise). 2.
reconnaître pour cela le territoire comme entité-ressource
de production de projet, comme support de la confrontation des politiques et des
acteurs et non plus comme objet et cible d 'intervention (c'est ainsi qu'à
«l'intervention sur le territoire» peut se substituer «l'innovation
issue du territoire» selon une dynamique sans laquelle le changement
ou la plus value sociale relève davantage d'une procédure d'aménagement
du territoire que d'un processus de développement social). 3.
passer, en interne, d'une logique mission à une logique projet,
c'est à dire passer d'organisations bureaucratiques, hiérarchisées,
en râteau, à des formes d'organisation démocratiques, concertées,
en réseau... c'est-à-dire créer en interne une culture et
une pratique commune du mode réseau : d'approche globale, de partage de
la connaissance, de transversalité, de projet concerté et d'évaluation
participative. 4.
Et pour cela, définir un projet global «de territoire».
Projet global ou «projet stratégique» offrant de préciser,
de rendre lisible la ligne d'action de l'institution compte tenu de ses missions,
de ses valeurs et de sa lecture de la réalité sociale locale. 5.
adopter au sein du système acteur local - et du réseau - une
position de partenaire de projet (ou de tiers acteur) déterminé
à faire valoir une exigence politique et méthodologique par une
négociation basée sur des principes éthiques et stratégiques
du développement social. 6.
installer le principe d'évaluation participative dans l'action :
de manière à questionner la pertinence des propositions et initiatives
d'action, leur cohérence avec le projet global d'action sociale et la réalité
du territoire. Et de manière à questionner les stratégies
de mobilisation de moyens et d'inscription de l'action dans son environnement
externe : social, politique, culturel, économique, institutionnel.
Cela étant, pour faire réseau, il conviendra de s'appliquer à
:
PRÉ-REQUIS
MÉTHODOLOGIQUES Traduction
pratique | | 1.
DÉLIMITER OU CONSTRUIRE UN TERRITOIRE PERTINENT (de projet plus que
d'intervention) |
1. fonder un espace d'intérêt partagé, 2. générateur
d'appartenance, 3. apte à créer une dynamique d'acteurs.
4. où les aspirations des acteurs peuvent s'agréger en un projet
commun d'action.
Par
exemple, initier un diagnostic partagé |
| 2.
STRUCTURER SUR L'INFORMATION, LA RÉFLEXION ET L'ACTION |
1.
constituer un fonds commun de ressources 2. produire de l'intelligence (recherche
thématique, conceptualisation, approfondissement…) 3. valoriser
les savoir-faire et les labelliser
|
| 3.
PROMOUVOIR LA NOTION D'ACTORAT |
1. ériger la participation en principe et moyen de la dynamique-réseau
2. s'assurer de la largeur et de la profondeur de la participation
| | 4.
PROBLÉMATISER ET INSCRIRE L'ACTION DANS LA DURÉE |
1. Eviter la tentation de vouloir traiter les problèmes avant d'avoir identifier
ce qui fait problème 2. Repérer les facteurs majeurs d'empêchement
et de réussite de développement sur le territoire 3. Fixer précisément
les objectifs d'action
|
| 5.DÉFINIR
UNE STRATÉGIE | L'évaluation
stratégique propose la mise en tension des objectifs avec les moyens mobilisables
en interne du réseau et l'environnement externe et permet, en mesurant
dans le temps la faisabilité des projets, de fixer des objectifs stratégiques
de positionnement des actions et d'optimisation des moyens
|
| 6.
PRATIQUER L'ÉVALUATION DANS L'ACTION |
1. passer
du contrôle de résultats après, à l'exigence de mobilisation
des moyens avant 2. fixer les pré-requis du changement social et relier
les moyens aux finalités de l'action 3. investir chaque étape
du processus comme moyen de produire de l'intelligence sur l'action
| __________ (2)
auteur de L'évaluation participative au service du développement
social (méthode pour les centres sociaux, les Réseaux de Soutien
à la parentalité, les territoires en politique de la Ville),
Dunod 2004. |
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[retour] L'inscription
des établissements et services sociaux et médico-sociaux
dans les politiques territorialisées Jean-Bernard
DUMORTIER Consultant
COPAS Lille (59) En
préalable,il n'est pas évident de conduire une réflexion
autour des établissements en général. Il y aurait lieu d'affiner
grandement la présentation ci-dessous en fonction de la catégorie
d'établissement dont on parle : quoi de commun sur le plan de l'inscription
dans un territoire entre une MAS, une maison de retraite, un service d'AEMO, etc. Cette
réserve faite, il n'est pas inutile de rappeler rapidement quelques évolutions
de la réalité des établissements d'une part, de la notion
de territoire d'autre part, pour tenter d'analyser comment ces deux évolutions
se croisent aujourd'hui et permettent une nouvelle articulation entre politiques
territorialisées (ou territoriales) et pilotage des établissements
et services.
1. LA SITUATION « HISTORIQUE» DES ÉTABLISSEMENTS
(1950 -1990)
Des
établissements « posés », non intégrés Ce
qui caractérise la situation est la coupure franche entre la logique médico-sociale
qui prévaut à cette époque et toute réflexion liée
à l'implantation, sans même parler de territoire. Les exemples sont
nombreux, à l'échelle des départements, de déséquilibres
en termes d'équipements par rapport à la localisation des « besoins ».
Les
facteurs sont les suivants : - Logique
de séparation spatiale
Idéologie des bienfaits de la campagne
(pour les jeunes délinquants, pour les handicapés), des départements
entiers servent de « vase d'expansion » aux pauvres
des villes (l'Oise, la Corrèze). - Logique
patrimoniale (type donation)
Deux grandes sources pour les murs des établissements : reconversion de
maisons de maître, situés majoritairement en zone rurale, et héritières
d'un passé de séparation(le « château »)
; équipements congréganistes peu à peu reconvertis en équipements
sociaux ( MECS, maisons de retraite, foyers, bon pasteur, etc). Dans tous les
cas, rien ne ressemble moins à un habitat normal qu'un établissement
de cette époque. - Logique
autarcique
L'établissement se vit d'abord comme une « institution »,
ayant sa dynamique propre et des pratiques internes qui le distingue de l'extérieur.
Les murs expriment bien cette idée de monde séparé. Les conséquences
en sont la prédominance de la loi institutionnelle sur le loi civique,
l'intégration des services annexes, le sentiment d'extraterritorialité.
En outre, l'établissement est une entité économique d'un
poids non négligeable dans des petites villes. Les règlements intérieurs
traduisent le poids exorbitant de l'autorité institutionnelle qui peut
aller jusqu'au déni des droits de la personne. - Logique
de prise en charge de catégories de population
Les prises en charge, selon les politiques sociales dominantes de l'époque,
s'adressent à des catégories de populations (les vieux, les handicapés,
les jeunes, etc.) et à des catégories de problèmes. On traite
des difficultés individuelles, l'individu étant considéré
comme le porteur unique des problématiques à traiter, dans une visée
souvent psychologisante. Les aspects systémiques, la notion de « lien
social » sont quasi absents de la réflexion.
- L'apparition
des services
Parallèlement, se structurent les services (des établissements
sans murs), nécessairement plus intégrés à leur environnement.
Mais les logiques dominantes sont longtemps restées les mêmes : on
travaille sur additions de situations individuelles, par catégories de
population, et le territoire n'est encore qu'une zone à desservir.
2.
DE L'AMÉNAGEMENT AU TERRITOIRE POLITIQUE
Trois
dates clés pour comprendre le territoire : - DATAR en 1963,
- Décentralisation en 1983, - Rapport Bonnemaison en 1983. Le
territoire comme enjeu d'aménagement technocratique Création
de la DATAR en 1963 avec la volonté d'un développement économique
plus harmonieux (création des villes nouvelles pour contrebalancer le poids
de Paris). Il s'agit d'aménager les zones d'habitat, d'organiser les flux
de transports, d'équilibrer les pôles de développement ou
de reconversion, de remembrer le paysage rural, etc. Ce développement est
confié à une superstructure technocratique.
Le
territoire comme zonage Cette
conception devient très sensible à partir de la création
des fonds structurels européens (années 70). L'affectation des ressources
est dépendante d'indicateurs territorialisés. Désormais,
il est utile de montrer qu'on est plus pauvre qu'à côté pour
obtenir des fonds européens (ou nationaux). Cela aura des effets sur la
manière dont le social va investir le territoire : comme un réservoir
de problèmes à résoudre. Les dispositifs comme les DSQ, et
plus généralement les « politiques de la ville »,
sont marqués au sceau de cette vision quelque peu misérabiliste.
Le
territoire comme enjeu de développement Les
crises industrielles affectent des bassins entiers (Nord Pas-de-Calais, Lorraine,
Massif Central, etc.). Les logiques de développement se pensent désormais
à l'échelle de territoires supra communaux, départementaux,
voire régionaux, et des régions entières se sentent solidaires
dans leur avenir social et économique. On commence alors à voir
se dessiner les problèmes d'échelle : quelle est l'échelle
pertinente pour penser un cadre de développement ? Désormais,
le développement est pensé en termes territoriaux : l'urbanisme,
le social et l'économique ont partie liée. Les dynamiques territoriales
se font concurrence, et l'attractivité en termes de qualité de vie,
d'infrastructures routières, d'écoles, d'environnement, est considérée
comme un atout dans le développement économique. Le
territoire comme enjeu politique Ces
enjeux économiques et de développement, ainsi que le mouvement de
décentralisation (dès 1982) expliquent la forte mobilisation politique
autour des territoires : agglomérations, pays, communautés de communes,
tous les dispositifs intercommunaux sont rapidement investis par des élus
qui, de plus en plus, valorisent leur côté « local ».
On notera
que la loi de décentralisation rend de nouveau visible les sources de financement
des établissements. On passe d'une sorte de « poche commune »
(Sécurité Sociale, Département, Etat) à une répartition
au cordeau (et quelquefois au couteau) entre les financeurs. La
fin du territoire ? Parallèlement
à cette inflation du territoire dans les discours politiques et les discours
de développeurs, le territoire comme inscription concrète de la
vie quotidienne devient, pour la majorité des citoyens, de plus en plus
virtuel : nous nous inscrivons dans des flux (les transports, les communications
immatérielles de tous ordres) plus que dans une identité géographique.
Et seules les personnes dénuées de ressources sociales suffisantes
se trouvent reléguées dans les « territoires »,
dans les « quartiers ». Bref, le territoire devient,
sur le plan social, le terrain de jeu de tous ceux qui se penchent sur la misère
locale. La boucle est bouclée : le territoire devient la « zone »,
effet du zonage. 3.
LE TERRITOIRE ET L'ACTION SOCIALE Le
zonage de l'action sociale
L'action
sociale a depuis très longtemps été sectorisée : les
fameuses circonscriptions ont la vie dure et reflètent l'idée d'une
couverture égalitaire et d'un quadrillage de l'ensemble du territoire.
Récemment, sont venus se greffer de nouveaux enjeux à cette sectorisation
traditionnelle : - Enjeu
de proximité.
C'est l'enjeu le plus commodément valorisé : proximité géographique,
proximité de préoccupations, travail sur ce qui fait lien (le lien
social) et plus simplement sur ce qui fait problème.
- Enjeu de
réactivité. Il s'agit là de promouvoir une notion
de réactivité à travers la mise en place de circuits décisionnels
(plus) courts (les CLI, par exemple)
- Enjeux
d'implication dans le développement local.
Le social sort de son isolement, participe (ou tente de participer) aux stratégies
de développement urbain et économique. Il tente parfois de changer
de posture (du contrôle au service). Ainsi, l'exemple des services à
la petite enfance, considérés comme une réponse attractive
à l'arrivée des classes moyennes. On passe de la PMI à un
service d'accueil petite enfance.
- Enjeux
de pertinence et d'individualisation des réponses.
Enfin, la territorialisation du social est souvent vue comme une possibilité
de prendre en compte les particularités et les dynamiques locales, et d'y
répondre de manière plus pertinente. Selon la formule : s'appuyer
sur les ressources plutôt que sur les manques.
4.
LES ÉTABLISSEMENTS ET LA TERRITORIALISATION En
quoi les établissements sont-ils concernés, au-delà de l'injonction
de travailler en réseau ? Quelle évolution peut-on constater ? Notre
hypothèse est que l'on ne peut encore parler d'inscription dans les politiques
territoriales, mais de préalables à cette inscription. Notons qu'il
n'y a pas à proprement parler de politiques territoriales à l'égard
des établissements. Les préalables
- Banalisation
du bâti et retour à la cité.
Foyers « éclatés »,
cantous, appartements thérapeutiques, unités de vie, etc. Le
bâti s'intègre dans la cité, tant sur le plan architectural
qu'urbanistique : le CAT en ZI, le foyer en ville, par exemple. L'établissement
se veut moins stigmatisant, plus intégré architecturalement et urbanistiquement.
La campagne est délaissée au profit de la ville, la grande bâtisse
bourgeoise au profit du HLM. - De
la loi institutionnelle ségrégative à la loi de la Cité
intégrative
Au-delà de l'architecture, c'est l'inscription dans le « vivre
ensemble » citoyen qui marque l'époque actuelle. Ouverture des
établissements sur la cité, utilisation des ressources locales,
c'est tout un autre rapport aux autres qui se dessine. On passe d'une logique
de ségrégation à une logique d'intégration (exemples
: les écoles intégrées en diminution, les CVS en présence
d'un élu local). - Le
recentrage sur le cœur de métier
Parallèlement, il
y a un recentrage sur le cœur de métier : protection, soin, éducation
selon les cas. On assiste à une interrogation récurrente sur ce
qui constitue le cœur de métier et à une externalisation des
services considérés comme périphériques.
- Le développement
de la notion de plateau technique
Dans la même ligne, l'établissement
se représente volontiers comme un plateau technique dont les prises en
charge se veulent davantage pointues, de courte durée. Dans un contexte
financier tendu, l'établissement apparaît comme une réponse
coûteuse qui doit être si possible réservée à
des situations particulièrement difficiles. Pour
une implication dans les politiques territorialisées Ces
préalables étant en général en voie d'acquisition
(c'est la nouvelle « vulgate »), que signifierait
: s'inscrire dans une politique territorialisée, et comment ? On le redit,
il n'y a pas à ce jour de véritable politique sociale territorialisée
incluant les établissements et services (exemple de l'Oise). Autrement
dit, l'implication des établissements dans une politique territorialisée
ne peut qu'être volontariste. -
S'inscrire
dans une compréhension partagée des dynamiques locales
La première condition est de s'impliquer dans la compréhension partagée
des dynamiques locales. Au-delà d'une conception arithmétique (combien
de places par rapport au nombre d'habitants de la zone), il s'agit de comprendre
en quoi le territoire sur lequel on s'inscrit est porteur de dynamiques sociales,
de modes de vie particuliers, de ressources et de difficultés - bref, de
participer à la construction d'un « diagnostic partagé »,
avec les travailleurs sociaux, les urbanistes, les développeurs, les politiques.
Ainsi, par exemple, l'AEMO pourrait sortir d'une addition de situations individuelles
pour tenter de comprendre ce que signifie la concentration de suivis dans tel
ou tel quartier ; on pourrait croiser ces analyses avec celles de la PMI, du SSD,
etc., afin de proposer des hypothèses communes de compréhension
de la dynamique locale et de proposer des orientations de travail. -
Partager une ambition
quant au mieux vivre sur un territoire donné
Au-delà du
diagnostic, la question se pose de savoir en quoi l'établissement participe
au développement du territoire. Cette réponse sera évidemment
très diverse en fonction de la nature de l'établissement. Il
pourra se situer par exemple comme ressource attractive par rapport à une
population que l'on souhaite attirer (maisons de retraite, services petite enfance,
etc.). Il pourra contribuer à créer des liens entre les usagers,
par exemple entre les parents d'enfants placés en MECS. Il pourra s'impliquer
dans la vie locale (fêtes associatives, portes ouvertes, activités
sportives, prêts de locaux, etc. - Développer
la notion de service à disposition d'une population locale
Ce qui suppose de changer de posture à l'égard des habitants et
des acteurs locaux (par exemple, espace parentalité accolé à
une MECS, services aux parents à partir d'établissements pour handicapés.
Les
risques -
À
chacun ses pauvres
Clientélisme, politique de secteurs, repli identitaire sont les premiers
risques d'un arrimage trop « étroit » au
territoire. L'instrumentalisation des établissements au service d'équipes
territoriales de travailleurs sociaux toutes puissantes, qui sont à la
fois les prescripteurs et les contrôleurs, est généralement
au bout du chemin. -
Dissolution
de l'institution Risque de dissoudre ce qui est « instituant »
dans l'institution : banalisation de la prise en charge, perte de repères
intra-institutionnels et perte du sens de l'action. A la limite, l'institution
n'est plus qu'une compilation de projets individuels, qui se croisent, sans qu'un
projet institutionnel se dessine. - Réduction
du social à une posture d'offre de services
Le social se réduit-il
à un « service » à la population ?
Même si la loi 2002-2 réoriente en partie les établissements
dans une logique contractuelle, et donc dans une posture de services, il n'en
reste pas moins que l'action sociale et médico-sociale est souvent le résultat
de contraintes diverses à l'égard de la population et que la fonction
de contrôle social reste présente dans la prise en charge (ASE notamment).
- Intrusion du
politique
Enfin, le territoire est, on l'a dit, un terrain de jeux politiques (à
tous les sens du terme) et il n'est pas évident que la proximité
des établissements et des élus locaux soit toujours de bon aloi.
Combien de projets de CHRS, de foyers pour toxicomanes, de CER, voire de foyers
pour handicapés se sont vus « retoquer » sous la
pression d'élus locaux peu désireux de devoir se mettre à
dos une population locale soucieuse de sa tranquillité et de son environnement
? Ce n'est pas un hasard si les CHRS sont restés sous compétence
d'Etat. |
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[retour] Le
financement et l'évaluation des réseaux Christelle
GROS Consultant,
Cabinet JNB Développement Lyon (69) Voir
diaporama
en fichier PDF (338 ko) |
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[retour] AMADIS
42 - Réseau personnes âgées Docteur
Françoise FAURE DRESSY Médecin-Directeur du réseau
Saint-Etienne
(42) Voir
diaporama
en fichier PDF (605 ko) |
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[retour] Handiâge
38 (réseau
personnes handicapées vieillissantes) Samuel
BOUFFARD Directeur Pont-Evêque (38)
MISSIONS ET OBJECTIFS DU SERVICE
Le service Handiâge, ouvert en avril 2002, est un centre ressource au service
des personnes handicapées mentales avançant en âge et âgées,
installé par le Conseil Général de l'Isère (CGI) dans
le cadre du schéma départemental des personnes handicapées
dont la gestion a été confiée à une association à
but non lucratif l'AFIPAEIM.
Il est chargé de mettre en place la politique gérontologique départementale
en faveur des personnes handicapées mentales, sur l'ensemble de la moitié
nord du département (Nord Isère, Isère Rhodanienne, Valdaine,
Bièvre / Valloire).
Il œuvre à l'intersection des deux secteurs handicap et gérontologie.
Il est financé par le Conseil Général et ses services sont
gratuits pour les usagers.
L'ossature du projet de service est constituée de trois objectifs principaux
:
1.1. Evaluer la
situation des personnes. 1.2. Proposer un projet personnalisé d'orientation
et éventuellement un projet personnalisé d'accompagnement. 1.3.
Installer les projets personnalisés. 1.4. Conduire et gérer
nos actions dans la réalisation des projets personnalisés. 2.1.
Instaurer une démarche volontariste de partenariats et de réseaux
2.2. Développer le soutien aux professionnels des établissements
accueillant 2.3. Apporter écoute et soutien aux aidants naturels
2.4. Aider et former les bénévoles de l'animation 3.1.
Elaborer et développer l'observation départementale 3.2. Installer
et gérer la référence unique en gérontologie à
l'AFIPAEIM 3.3. Participer à l'installation d' EHPAD accueillant des
personnes handicapées 3.4. S'informer et s'auto-former
Dans
le but d'être précis dans nos actions et d'atteindre un bon niveau
de coordination interne, le service a élaboré des méthodes
de travail, des processus d'action ainsi que des procédures. De plus, nos
règles de travail sont : -
ne pas faire ce que d'autres font déjà - en faire le moins possible
auprès des personnes handicapées. Malgré
cela, ou grâce à cela, nous avons beaucoup de travail. Une
équipe de six professionnels est chargée de réaliser le projet
: - 0,50
ETP de secrétariat, - 0,50 ETP d'assistant social, - 0,50 ETP de
psychologue, - 2 ETP d'éducateur spécialisé, - 1
ETP de directeur. Chacun
s'est vu attribué des missions précises, accompagnées d'une
large délégation pour les réaliser. Un système d'information
interne permet d'optimiser le partage des réalités de terrain ainsi
que la coordination d'équipe
LES POLITIQUES TERRITORIALES
Du
Conseil Général
Dès l'origine, les missions du service Handiâge ont été
inscrites sur un territoire déterminé aux limites précises.
Cette orientation a permis d'inventorier et de lister précisément
tous les partenaires indispensables et de positionner, au fil du temps, le service
comme l'expert en matière de vieillissement des personnes handicapées
mentales. En cela, il a joué un rôle de précurseur dans une
perspective de modification des politiques territoriales départementales.
Handiâge propose ses services à toutes les personnes handicapées
vivant sur le territoire qui en font la demande. Pour cela, il a fallu se faire
connaître de tous les établissements, services et collectivités
présents sur le territoire, afin que ceux-ci informent les personnes handicapées
de notre existence, pour qu'ensuite elles s'adressent à nous si elles le
souhaitent.
En 2004, le CGI met en place une nouvelle politique territoriale en matière
d'action sociale. Il supprime les circonscriptions d'action sociale pour y substituer
onze territoires d'action sociale. Il s'agit de déconcentrer l'action sociale
avec pour objectif que celle-ci soit au plus prêt des besoins des habitants
et qu'ils puissent trouver réponse sur leur territoire d'habitat ou dans
la meilleure proximité possible. Le
dispositif gérontologique est l'une des priorités de cette nouvelle
politique. La méthode prévoie que les services ne superposent plus
leurs actions, mais qu'ils soient complémentaires en travaillant de façon
coordonnée. Les services confirmés dans leurs missions doivent travailler
en partenariat avec tout autre service ou établissement nécessaire
à la réussite de leur action en y associant très concrètement
les personnes demandeuses. De
l'association AFIPAEIM Il
s'agit d'une association départementale qui gère des établissements
et services répartis sur l'ensemble du territoire départemental.
Depuis
de nombreuses années, l'AFIPAEIM est organisée à partir de
cinq secteurs géographiques, ce qui constitue pour elle une forme de territorialisation
qui a pour vocation de proposer des réponses de proximité. En cela,
elle est déjà en phase avec la politique du CGI. Actuellement,
afin d'améliorer son fonctionnement interne et de se positionner dans le
cadre de la politique départementale, l'AFIPAEIM commence à mettre
en place un nouveau plan stratégique. Ce plan donne une place centrale
à la territorialisation des projets développés par l'association
sur des bases identiques à celles du CGI. De
plus, elle affiche sa volonté de se positionner comme un partenaire des
financeurs et souhaite développer une politique partenariale avec d'autres
gestionnaires d'établissements ou services pour réaliser les projets.
Cette dernière position est déjà opérationnelle dans
les projets apportant réponses à la question du vieillissement des
personnes handicapées. Dans
ce contexte de politiques convergentes, le service Handiâge est d'emblé
opérationnel et permet une mise en œuvre immédiate des nouveaux
objectifs grâce à ses pratiques partenariales et à son positionnement
en expertise.
LE MAILLAGE TERRITORIAL : PARTENARIATS ET RESEAUX
Il
nous semble qu'une politique territoriale d'action sociale se traduit toujours
par une mise en partenariat des acteurs sociaux.
Cependant, ce mode de fonctionnement introduit une grande complexité des
rapports humains et des actions à mener. Un grand nombre de personnes,
augmenté d'un grand nombre de lieux de référence, peut entraîner
une très grande confusion.
Face à ce problème, la méthode de travail en réseau
semble la plus appropriée pour gérer la complexité, puisqu'elle
permet de différencier et de coordonner en donnant une place et un rôle
particulier à chacun. A terme, elle devient nécessaire à
la bonne conduite territoriale.
Comment s'applique ces réalités au service Handiâge ?
Tout d'abord, nous considérons les personnes handicapées et leurs
aidants naturels comme des partenaires et non comme des usagers. En effet, ils
effectuent une démarche volontaire, souvent contrainte, mais réellement
volontaire, pour demander l'appui du service. En
conséquence, nous n'avons aucun droit sur eux, seulement des devoirs. C'est
pourquoi toutes les demandes sont sérieusement examinées et tous
les demandeurs reçoivent une réponse dans un délai relativement
court, deux à trois semaines maximum. Nous travaillons à partir
des souhaits de la personne.
Le travail en partenariat implique pour nous : - une
attitude d'humilité et de respect ; sans nos partenaires nous ne pouvons
rendre les services attendus,
- une
démarche de connaissance approfondie des situations, tout en ne recueillant
que ce qui nous est nécessaire. (concernant les personnes handicapées
notamment, nous n'avons pas à tout connaître, ni de leur passé
ni de leur vie),
- de
toujours inscrire nos décisions dans les possibilités des partenaires
; nous ne sommes jamais seule face à une réalité, mais toujours
en situation d'interdépendance,
- de
ne jamais ni penser ni intervenir à la place du partenaire ; chacun doit
agir à l'intérieur de ses limites et interroger l'autre lorsque
celles-ci sont atteintes,
- de
penser en permanence la complexité,
- de
mettre en place une démarche qualité.
Les
principaux partenaires du service Handiâge - En
deux ans, 50 personnes se sont adressées au service.
- Les
46 établissements retraite présent sur notre territoire, dont 10
en partenariat effectif et les autres en partenariat potentiel.
- Les
CLIC (Comité Locaux d'Information et de Coordination gérontologique),
actuellement 3.
- Les
services de l'APA (Aide Personnalisée à l'Autonomie), au nombre
de 6.
- Tous
les CCAS (Centre Communaux d'Action Sociale), 261 communes.
- Le
service Handicap Info 38 et ses antennes labellisées.
- Le
service Défiâge (notre alter-ego sur la moitié sud du département).
- Tous
les établissements et service pour personnes handicapées adultes
gérés par l'AFIPAEIM, au nombre de 13.
- Les
établissements et service gérés par d'autres associations,
au nombre de 4.
- Les
services d'aide et de soins à domicile (ADMR : Aide à Domicile en
Milieu Rural, ADPAH : Aide à Domicile aux Personnes Agées et Handicapées,
SSIAD : Service de Soins Infirmiers et d'Accompagnement à Domicile).
- Médecins
de famille.
- Services
psychiatriques.
- Réseaux
de santé.
- UDIAGE
(Union Départementale Iséroise d'Information et d'Action Gérontologique).
Enfin, pour parfaire
le tableau, il est envisagé dans le cadre de la révision du schéma
départemental des personnes handicapées que les compétences
du service soient étendues à toutes les personnes handicapées
avançant en âge, quelque soit la nature du handicap, ce qui aura
notamment pour effet de multiplier par deux le nombre de partenaires. En
conclusion, ce mode de travail n'engendre aucune difficulté pour le service,
mais la constitution d'un réseau formalisé devient de plus en plus
nécessaire concernant l'avancée en âge des personnes handicapées. |
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Docteur
Michelle RAFAELLI Vice-Présidente Mireille ARNAUD
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Autisme Laurent
DESCOURS Cadre de santé, Service de psychopathologie de l'enfant
et de l'adolescent Centre Léo Kanner CHU de Saint-Etienne (42)
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